Si Alzheimer m'attrape un jour, il me restera ça...

Alzheimer

 

 

 

De ma petite enfance ne restent qu'images de froid, de trains, de neige,

Lointains souvenirs d'une vie en noir et blanc, des couleurs d'un manège,

Aux buttes Chaumont, paradis artificiel de mes jeudis au grand air,

Découvrant émerveillé Guignol, le théâtre et le sourire de ma mère.

 

De mon enfance Bohême, déménageant sans cesse, me reste

L'amour pour la forêt, celle d'Armainvilliers où très leste,

Je grimpais aux arbres les mercredis, les samedis aussi,

Parcourant à vélo les sentiers et à pied les épais taillis.

 

De mes années d'adolescence, encore moult occasions perdues,

Accélérant alors les déménagements à un rythme trop soutenu,

J'ai laissé derrière moi racines, amis, projets, amours naissantes,

J'ai laissé dans mon cœur blessures comme douleurs lancinantes.

 

De mes vingt ans, dans mes pensées trop nombreuses,

Le tri doit être fait, regrets d'avoir agi ou de ne pas avoir oser,

A l'âge où la vie s'offre comme une catin radieuse,

Et que les corps exultent sans croire au jour suivant, j'ai plongé.

 

Ignorant par sottise ce que je ferai de ma vie,

Me laissant porter sur ce fleuve insoumis,

Restera alors le songe d'une vie comblée,

A mi-chemin du rêve et de la réalité.

 

Didier Waret



Article ajouté le 2008-04-14 , consulté 102 fois

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